Challenge Ada Lovelace

Article publié par Johanne Bouchet ( Le télégramme – 10 mars 2022)

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Qui a dit que l’informatique était l’apanage des garçons ? Certainement pas Youna, Caroline, Lise et Elisa, élèves de 1re option NSI, au lycée Brizeux, à Quimper. Elles viennent de décrocher une troisième place en participant à un challenge informatique régional.

« Ces étudiantes-là, les entreprises vont se les arracher quand elles arriveront sur le marché du travail ! », lance Frédéric Tymen, professeur de maths, numérique et sciences informatiques (NSI), au lycée Brizeux, à Quimper. Pourquoi ? Parce que le secteur de l’informatique manque cruellement de femmes. « Les entreprises ont beaucoup de difficultés à recruter des femmes alors qu’elles ont une farouche volonté de mixité au sein de leurs équipes », souligne-t-il, pas peu fier de ses élèves. C’est d’ailleurs à l’initiative de ce professeur que le lycée quimpérois participait, pour la première fois, au challenge Ada Lovelace les 25 et 26 février à Lannion. Du nom de la pionnière des programmeuses, l’Anglaise Ada Lovelace (1845-1852), ce challenge d’informatique, dont c’était la septième édition, est réservé aux filles.
« C’était assez stressant au niveau du timing »

Et pour une première, c’est plus qu’une réussite ! Youna, Caroline, Lise et Elisa, en 1re option NSI, ont décroché la troisième place sur 18 équipes bretonnes ! Et cette année le challenge était plus que relevé. Sur un thème imposé, « Vers une société plus inclusive », les quatre jeunes filles ont, entièrement, créé un site internet en l’espace de seize heures, réparties sur deux jours. « C’était assez stressant au niveau du timing, mais nous étions avec des tutrices de l’IUT et de l’Enssat très rassurantes », glisse Youna. Elles ont conçu un site internet d’information et apportant des solutions sur trois types d’exclusion (Origines, handicap, personnes LGBTQIA +). Avec de bonnes connaissances en langages HTML, JavaScript et un soupçon de base de données, elles ont présenté un site riche et fonctionnel. Des langages informatiques inaccessibles au commun des mortels !
« Je veux travailler dans le développement web »

Il faut le dire, les filles ont cartonné. Au lycée Brizeux, elles ne sont que huit sur 32 élèves au total à avoir choisi cette option NSI. « Nous sommes à peu près à 25 % de filles. C’est le même pourcentage que l’on retrouve dans le secteur professionnel. On ne s’explique pas ce palier, souligne Frédéric Tymen. Pourtant les femmes apportent une autre vision, une approche différente de l’informatique », insiste-t-il. « Comme il n’y a quasiment que des garçons dans ce domaine, on se dit que l’on va être la seule fille dans la classe », avance Lise pour expliquer certaines réticences. En tout cas, nos quatre lycéennes, elles, sont loin de regretter cette expérience ! « Je sais que je veux travailler dans le développement web plus tard, donc je n’ai pas hésité une seconde à participer ! », explique Youna. Pour Caroline « c’était une bonne façon de savoir si c’était un domaine qui allait me plaire ». Enfin, Lise, elle, « aime les nouvelles expériences et comme je ne sais pas encore trop ce que je veux faire plus tard, je me suis dit que c’était une bonne opportunité ». Paroles de futures programmeuses ? L’avenir le dira !
À noter

La spécialité (optionnelle) Numérique et sciences informatiques (NSI) est enseignée depuis trois ans au lycée Brizeux en première et en terminale, à raison de quatre heures par semaine. Les élèves de seconde, eux, bénéficient tous d’une initiation aux Sciences numériques et technologie (SNT).